Dix-huit homicides en Martinique depuis janvier. Quarante l’an dernier, dont trente-quatre par balles : le pire niveau depuis vingt ans.
Et pendant ce temps, les vols reculent.
Nous ne sommes pas un pays où l’on vole plus. Nous sommes un pays où l’on meurt plus. Ce n’est pas une affaire de mœurs. C’est un marché.
Une offre : 294 armes illégales saisies en 2025, 93 de plus depuis janvier.
Une route : sur 81 tonnes de cocaïne saisies en France l’an dernier, 42 l’ont été dans l’arc antillais.
Une main-d’œuvre : 33 % de nos 15-29 ans au chômage. Le seul secteur qui recrute sans diplôme et sans entretien.
Mais la cocaïne repart vers l’Europe. Ce qui reste ici, ce sont les armes, les casiers et les enterrements. Nous ne sommes pas le marché. Nous sommes le passage. Et le passage se paie en vies.
Alors on saisit toujours plus, et on enterre toujours autant.
Chacun répond de ses actes, et la structure n’efface aucune responsabilité. Mais elle explique pourquoi ce sont toujours les mêmes quartiers, les mêmes âges, les mêmes familles. Un garçon de dix-sept ans n’a pas inventé la route de la cocaïne. Il est né dessus.
Derrière le chiffre dix-huit, il y a dix-huit maisons où l’on ne remet plus le couvert. Et une île qui perd sa jeunesse deux fois : par l’avion et par les balles.
La question n’est donc pas de savoir pourquoi nos jeunes sont violents. Elle est de savoir pourquoi, chez nous, il est plus simple de trouver une arme qu’un avenir.
Reflets du Sud. Chiffres : préfecture de la Martinique, Insee, ministère de l’Intérieur.
Sources essentielles en ligne
- Fusillade à Fort-de-France : décès de la victime, 18e homicide de l’année en Martinique
- Bilan 2025 de la délinquance en Martinique
- La lutte contre les armes à feu : priorité de l’État en Martinique
- Insécurité et délinquance en 2025 — bilan statistique et atlas départemental
La liste documentaire complète, y compris les ouvrages et archives consultés hors ligne, figure dans la Bibliothèque de Reflets du Sud.
