REFLETS DU SUD

Histoire, société et mémoires martiniquaises

300 000 euros, et le compte n’y est pas

Visuel de la brève sur le financement de la 40e édition du Tour des yoles rondes

À deux jours du départ de la 40e édition, le Tour des yoles rondes tenait à un fil. Les sociétés de gardiennage réclamaient 80 000 euros d’arriérés de 2025 et la moitié d’un contrat de près de 300 000 euros pour 2026. Vendredi, l’argent a été trouvé. Officiellement, personne ne dit qui l’a mis.

Un nom circule. Nous ne le tiendrons pas pour acquis tant qu’il ne sera pas confirmé. Mais la question qu’il soulève, elle, ne dépend d’aucun nom.

Que pèsent 300 000 euros ?

Pour la Fédération : la survie de l’événement. Pour un groupe qui déclare 5,271 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, dont 838 millions en Martinique : moins de six millièmes de pourcent.

Et encore. L’article 238 bis du Code général des impôts ouvre droit, pour le mécénat d’entreprise, à une réduction d’impôt de 60 % du versement, dans la limite de 5 pour mille du chiffre d’affaires. Un don de 300 000 euros peut donc n’en coûter réellement que 120 000. Les 180 000 restants, c’est la puissance publique qui les absorbe. C’est nous.

Retenez le circuit : l’argent naît dans nos caddies, la ristourne vient de nos impôts, et la gratitude va à une seule signature.

On nous dira : mieux vaut ce geste que rien. C’est vrai. Mais un don se choisit, et le choix parle. Financer une semaine de fête n’engage à rien sur les cinquante et une autres. L’une est visible, ponctuelle, photogénique, déductible. Faire baisser les prix serait durable, invisible, et coûterait infiniment plus que six millièmes de pourcent.

Un dernier chiffre, pour la route. La Fédération doit environ 300 000 euros de primes à ses coursiers, impayées depuis trois ans. Le même montant. Il a été trouvé pour les prestataires de sécurité. Pas pour ceux qui rament.

Une île ne s’achète pas pour 300 000 euros. Encore faut-il lire l’étiquette.


Sources essentielles en ligne

La liste documentaire complète, y compris les ouvrages et archives consultés hors ligne, figure dans la Bibliothèque de Reflets du Sud.

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